Le Nord c'est l'Est, Cédric
gras, libretto, 9€10
coup de cœur Romain |
« Le Nord est parfois un hasard
-ou un destin- auquel on finit par s'abandonner. » p107
Cédric Gras est un géographe
aventurier empli de nostalgie qui nous livre ici un récit de la
Russie - ou pour être plus exact des confins de la Russie - très
loin et différent de la vision des médias. Au gré de ses
divagations aux 4 coins de la la confédération aux
9 fuseaux horaires, il nous fait découvrir les peuples qui y
habitent. Ami de Sylvain Tesson, il est lui
aussi un très bon écrivain, souvent
méconnu du grand public, qui n'a rien a envié à
son comparse de terrain.
Quatrième de couverture:
Cédric Gras ne se l’explique pas, il est attiré par les territoires hostiles qui s’ingénient à repousser les rares voyageurs plutôt qu’à les séduire. De la Carélie au fleuve Amour, de la Crimée à la mer du Japon, des immenses steppes de Mongolie à Magadan, l’auteur a parcouru des milliers de kilomètres pour aller à la rencontre des archipels humains perdus que le pouvoir exploite à coups de décrets depuis l’époque soviétique. Les « territoires du Nord et assimilés » correspondent souvent à ce que fut l’Archipel du Goulag : des zones de steppe, de taïga et de montagnes, improbables contrées, plus que rudes, où l’alcool tient lieu de mode de vie et où se côtoient les mille groupes ethniques composant la Fédération de Russie.
L’Occidental curieux croit parfois connaître la Russie : il ne pourra qu’être sidéré à la lecture de ces lignes.
Cédric Gras ne se l’explique pas, il est attiré par les territoires hostiles qui s’ingénient à repousser les rares voyageurs plutôt qu’à les séduire. De la Carélie au fleuve Amour, de la Crimée à la mer du Japon, des immenses steppes de Mongolie à Magadan, l’auteur a parcouru des milliers de kilomètres pour aller à la rencontre des archipels humains perdus que le pouvoir exploite à coups de décrets depuis l’époque soviétique. Les « territoires du Nord et assimilés » correspondent souvent à ce que fut l’Archipel du Goulag : des zones de steppe, de taïga et de montagnes, improbables contrées, plus que rudes, où l’alcool tient lieu de mode de vie et où se côtoient les mille groupes ethniques composant la Fédération de Russie.
L’Occidental curieux croit parfois connaître la Russie : il ne pourra qu’être sidéré à la lecture de ces lignes.
« Ce coup- ci nous sommes trois à patienter. Nous buvons une rioumka de vodka et ce n'est pas de l'alcoolisme, c'est un honneur et une coutume. Eux sont des chercheurs d'or et leur devise est : « Il serait dommage de mourir en bonne santé. » Ils ont mon âge, mais avec la gueule que j'aurai dans dix ans. Et encore, j'espère m'en sortir sans les taillades qui défigurent leurs portraits. On n'a plus l'habitude chez nous de croiser des visages abîmés où transpire pourtant la jeunesse. »
« Un géographe québecois, Louis
Edmond Hamelin, avait, dans les années 1970, mis au point des
critères permettant de déterminer des « valeurs polaires »
et qui furent utilisés pour le paiement des primes dans le Canada
circumpolaire. Cette grille tenait en compte, outre le climat, la
latitude et les facteurs azonaux, d'autres paramètres à caractères
humain, comme l’accessibilité et les dessertes ou encore la
densité de la population. En Russie, les coefficients ont été
décidés au fil des ans et un peu anarchiquement. Un projet de loi
en discussion depuis quelques années devrait venir systématiser de
façon plus scientifique cette approche multicritères. »
p115/116
« On me montra une machine
japonaise flambant neuve qui avait plus de programmes que moi de
vêtements. J'ai renoncé pour aller m'allonger sur un vieux lit
datant d'avant l'ouverture du commerce avec les pieds asiatiques. Le
High-tech me fatigue lorsqu'il touche les objets du quotidien. C'est
un détournement de la science. Je préfère les fusées
d'exploration spatiale et les grands pas pour l'humanité. En cela je
suis très soviétique. »
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